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  • Les 7 péchés capitaux : l'Envie

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    Etre soi, c’est parfois barbant. Fatiguant même. Alors des fois, pourquoi ne pas s’inventer une vie ? Et maquiller la réalité au blush du mensonge. Sur Facebook, facile de ne poster que des photos valorisantes de soi afin de se rapprocher d’un idéal. Personne ne va vérifier le contrechamp, trop occupé à faire la même chose. Fastoche aussi de se faire plus beau sur Instagram grâce aux outils de retouche supersimples présents d’office sur de nombreux smartphones. De toute manière, sur les réseaux sociaux, notre première réaction n’est pas de douter mais de regarder. La preuve avec Eduardo Martins. appelons-le ainsi, même s’il n’existe pas. Pendant trois ans, ce voleur d’identité s’est fait passer pour un photographe de guerre talentueux et baroudeur, présent sur tous les théâtres d’opérations en Irak ou en Syrie. Communiquant via les messageries instantanées et les réseaux sociaux, il est parvenu à tromper son monde, donnant des interviews, parvenant à vendre à de grands médias internationaux et des agences de presse des clichés dont il n’était pas l’auteur. Pour duper les moteurs de recherche d’images censés traquer les reproductions frauduleuses, le mystificateur a tout simplement floppé les photos, c’est-à-dire inversé la gauche et la droite, modifié un poil les cadrages et l’exposition. Les algorithmes d’intelligence artificielle, bêtement floués par ce jeu d’enfant, ne se sont rendu compte de rien. Pour parfaire la tromperie, Eduardo Martins n’a reculé devant aucun artifice, même grossier. Orphelin, miraculeusement guéri d’une leucémie à l’âge de 25 ans, ce fictif Brésilien de 32 ans, au physique de surfeur, n’oubliait pas d’avoir un grand coeur. Humanitaire pour l’ONU à ses heures perdues, il racontait comment il donnait un coup de main à une ONG recueillant des enfants séropositifs. Plus c’est énorme, plus internet adore. Suivi par 120 000 abonnés sur Instagram, l’imposteur est tombé en septembre dernier grâce à une enquête de BBC Brasil. telle
    une baudruche, il a fait pschitt !
    S’il faut trouver une morale à cette histoire, tournons-nous vers un autre mytho d’envergure, Tommaso Debenedetti. Longtemps surnommé “le plus grand menteur d’internet”, il usurpait des identités sur Twitter afin de diffuser de fausses informations. Une des victimes de cet affabulateur italien, dont il avait annoncé la mort, fut l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa. Il écrira à son sujet, dans un essai sur la société du spectacle : “Debenedetti justifie son comportement par un joli paradoxe :‘ J’ai menti, mais seulement pour dire une vérité.’ Laquelle ? Que
    nous vivons dans une époque malhonnête. Que tous les outrages sont pardonnés s’ils amusent et divertissent suffisamment de personnes.” Rappelons que divertir vient du latin divertere, soit détourner l’attention.